Avoir part à la Divinité, vivre une proximité confiante, célébrer ce lien par la louange et le service: la bhakti a, depuis vingt siècles, recouvert l’Inde entière ; elle fait vibrer les langues régionales et transfigure les arts populaires. Nous explorerons quelques figures majeures – hommes ou femmes, brahmanes ou intouchables – de ces filières de bhakti, à l’écoute de leurs poèmes et de leurs chants.
Aux yeux de l’Occident, l’Inde apparait dans un halo de non-dualité (advaita). Ce sont toutefois les traditions de bhakti qui sont les plus répandues dans les diverses couches de la population. Ce terme suggère : participation, relation, affection, tendresse, joie… et service. La relation personnelle à la Divinité (Krishna, Śiva, la Déesse…) suscite un sentiment de communauté qui assouplit quelque peu les rigueurs de la caste.
La ‘voie’ (mârga) ou le ‘yoga’ de la bhakti s’ébauche dans quelques Upanishads, se déploie dans la Gîtâ, puis conquiert l’Inde entière, du pays tamoul au Panjab et au Bengale, en un mouvement puissant qui vivifie la langue et la culture de chaque région. Si la bhakti exploite toutes les ressources du corps et de l’affectivité, de la beauté et des arts, elle est aussi école de purification et d’intériorité, de confiance et de louange.
Nous explorerons quelques figures majeures – hommes ou femmes, brahmanes, artisans ou intouchables – de ces filières de bhakti, nous mettant à l’écoute de leurs poèmes et de leurs chants.
Toi seul, Tu es le ciel, Toi seul, Tu es la terre.
Tu es tout, ô Toi seul, que puis-je alors T’offrir ?
Lalla, une brahmane et yoginî du Cachemire
Tu es l’Eau dont la soif me dévore sans cesse :
au sein de cette Eau le feu de mon désir grandit !
Kabîr, un tisserand de Bénarès
Ouvert à tous.
Jacques SCHEUER
Jésuite, docteur en sciences indiennes (Paris III Sorbonne), professeur émérite d’histoire des religions de l’Asie, faculté de théologie et Institut Orientaliste, Université catholique de Louvain, équipe d’animation des « Voies de l’Orient », Bruxelles
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